L' Edito du mois :

 

Mars 2019, les équipes de l’AFPSAS sont à pied d’œuvre afin de participer aux cérémonies célébrant les soixante-quinze ans des combats pour la Libération, entre autres, de notre pays. Mais revenons en mars 1944, dans une Europe à feu et à sang, l’étau se resserre autour des forces de l’Axe mises à mal à l’Est par le rouleau compresseur soviétique et au Sud par l’offensive des Alliés en Italie. La France, elle, reste occupée, la répression y est terrible, les réseaux de résistance sont traqués et systématiquement éliminés. Tortures, déportations vers les camps d’extermination, exécutions sommaires sont le quotidien des combattants de l’ombre. Ce mois verra notamment la chute du maquis des Glières. En Angleterre, la grande échéance approche et si les hommes qui bientôt participeront à l’opération Overlord ignorent encore quel sera le jour J, les préparatifs s’accélèrent et les entraînements s’intensifient. Les hommes et les matériels sont mis à rude épreuve sans entamer la motivation des troupes parmi lesquelles, nos Parachutistes SAS.
Ces fils de France ont demandé la tourmente et vont être largement servis au cours des mois à venir, couvrant de gloire leurs drapeaux et notamment celui du 2°RCP / 4°SAS qui sera l'unité la plus décorée de la seconde guerre mondiale.


Lionel Lakermance, Vice-Président AFPSAS

 

David Portier, responsable du comité scientifique de l’AFPSAS nous relate ci-après la situation :


Fin janvier 1944, les deux bataillons de parachutistes français sont intégrés à la Brigade SAS du brigadier Mac Leod et rejoignent le camp d'Auchinleck près de Cumnock, une petite bourgade dans l'Ayrshire.
Près de là , l'Etat-major de la demi-Brigade de parachutistes Français du Lt-colonel Durand s'installe à Sorn Castle.

Pour les britanniques, les deux unités françaises prennent alors les dénominations de 3ème et 4ème SAS Battalions.
Chaque bataillon est alors constitué d'un Etat-major, de trois squadrons de combat et d'un squadron de commandement.
Chaque squadron de combat comprend normalement à effectif plein environ cent trente hommes et est divisé en deux troops. Chaque troop est composée de quatre sticks de dix à douze hommes.

Cette organisation est basée sur la souplesse d'action et sur l'autonomie de chaque équipe. En fonction des besoins et des particularités de chacun, des groupes de trois ou quatre hommes peuvent accomplir les missions qui seront attribuées aux SAS. L'entraînement auquel sont soumis les parachutistes a alors pour but d'en faire des combattants d'élite. Ils sont préparés au combat SAS qui se caractérise par la technique nommée par les Britanniques " Hit and run " , frapper et décrocher.

Les parachutistes français poursuivent alors leur formation par de l'instruction technique. Ils apprennent ainsi la topographie. Ils doivent savoir lire une carte, utiliser une boussole et trouver leur objectif en pleine nuit. Ils pratiquent le tir avec toutes les armes disponibles et dans toutes les positions. Ils débutent aussi leur instruction sur le maniement des explosifs, le plastic, le dry gun-cotton, la gélinite, l'ammonal. Ils apprennent à placer les charges sur les rails ou bien sur les véhicules, les avions ou sur des ponts et des bâtiments, à doser la quantité d'explosif, à couper les voies ferrées, à saboter des lignes à haute-tension, à couper des câbles téléphoniques ou à faire tomber des arbres en travers des routes. Ils se familiarisent également à la conduite des jeeps, du camion 5T Pick up Bedford et des motos.
Les manoeuvres se poursuivent sans relâche bientôt nuit et jour. Les hommes dorment dehors et sont constamment sur le terrain. Ils effectuent ainsi de très longues marches à travers les landes d'Ecosse.