Affiche Plumelec 1 et 2 Juin 2019 web

Benjamin Massieu

 

75e Anniversaire 1944-2019 

 

A l'occasion du 75e anniversaire de l' Opération Overlord et des combats pour la Libération, l'AFPSAS a le plaisir de vous présenter son logo remémorant les opérations SAS en France. Il accompagnera les publications liées aux cérémonies que nous organiserons ou auxquelles nous participerons au long des mois à venir. L'AFPSAS tient à remercier Philippe Vergé, responsable du Comité Sud-Ouest pour la conception de ce logo.

Logo AFPSAS 75e 1erRpima pour FB 2

L'AFPSAS PRÉSENTE :

 

Jean Waitzmann, Paroles de SAS :

 

Le 3 juillet 1939, donc peu de temps avant la déclaration de guerre, j’ai contracté un engagement de trois ans, au titre du 2e Zouaves à Oran, où j’ai été incorporé le 10.
Dès le début de septembre, le régiment a fait route vers le Liban où nous avons été logés chez l’habitant à Djouniyé. A coups de marches forcées, nous avons visité ce beau pays : Lattaquié et son fort, le Cèdre du Liban et quelques incursions en Syrie. Du tourisme très fatigant, mais que je n’aurais jamais pu m’offrir dans des circonstances normales !!!
J’ignore si nos officiers : Colonel Quignon, Commandant Couvrat-Desvergnes, Capitaine Tondu, Lieutenants Soula et Lavillle, ou autres officiers, sous-officiers et hommes de troupe ont entendu l’APPEL DU GENERAL DE GAULLE le 18 juin. Moi non, j’étais déjà parti seul, à travers le djebel Druze, avec l’intention de m’engager dans l’armée britannique en Transjordanie. La gendarmerie libanaise a mis un terme à mes intentions : j’ai été arrêté à Sayda et ramené au corps où j’ai écopé d’un 30 dont 15 purgé sur les bas flancs de la prison de Tripoli (Liban). Puis mon engagement a été résilié. Et rapatrié en France sur le Providence… Quel drôle de nom pour une épopée ratée.
J’ai vécu à Avignon, ouvrier dans une filature de viscose, à Arles, taxi-tandem, où j’ai été arrêté et relâché dans la foulée, j’étais accusé de désertion. Mes explications ont suffi à permettre mon élargissement. RETENEZ BIEN CE DETAIL… Vous en retrouverez copie conforme à la fin de mon récit, associé aux bas flancs de Tripoli.
J’ai cherché pendant des mois comment rejoindre la France Libre et ignorais le moyen espagnol. Et j’ai pensé à la Légion Etrangère. En octobre 1942 je suis donc allé au camp Sainte-Marthe, à Marseille où j’ai signé, sous mon vrai nom, un engagement Les Alliés ont débarqué en Afrique, ruinant ainsi tous mes espoirs, puisque les allemands ont alors investi la zone libre et les engagements ont été annulés et nous avons été démobilisés à Riom sous la surveillance de l’armée allemande. J’ai fait la connaissance, pendant ce séjour à Sainte-Marthe, d’un étudiant parisien, SEGUIN Maurice, engagé dans les mêmes conditions
que moi et qui, en outre, était recherché par la Gestapo pour des faits de «terrorisme» à Paris. Le capitaine PETIT nous a fourni, à Marseille des états civils de démobilisés, patronymes choisis PAR NOUS. Seguin devenu Martin et moi CHAUVET, né le 22 juin 1920 à Saint Etienne.
Nous avons décidé de rejoindre Banca, une petite bourgade près des Aldudes. RIOM - BORDEAUX sans encombre. Puis, dans le train de Bordeaux - Bayonne, les feldgendarmes procédaient à des vérifications, munis d’un ouvrage plus épais qu’un dictionnaire où figuraient tous les suspects de terrorisme, communisme, etc… etc… Pas de Martin Maurice. Mais à notre ébahissement, un Chauvet Jean, né le 22 juin 1920 à St Etienne était parmi ces suspects. Maurice parlait allemand et a entamé une discussion avec les gendarmes. Très convaincant le Maurice en arguant que, présent en Afrique depuis plusieurs années avec lui et actuellement en permission, il était hors de question qu’il puisse s’agir de moi. Mais, malgré cela, mis en état d’arrestation, les gendarmes allaient me confier à des officiers dans un compartiment de première classe et voulaient libérer Maurice qui, très en colère (!!!) a opposé un refus formel. Nous fûmes donc amenés chez les gradés (de haut rang avec leurs uniformes chamarrés d’or). Maurice recommença ses explications en ajoutant que nous venions nous reposer chez des amis et que nous avions l’intention de rejoindre la GRANDE armée allemande. Il comptait passer par une Ecole d’officiers à ESSEN.
Il reste qu’à l’arrivée à Bayonne, tard dans la nuit, les feldgendarmes nous ont conduits au Château Vieux où nous avons été incarcérés dans une grande pièce où étaient déjà une bonne vingtaine de personnes. A noter que cette pièce est devenue le garde-manger de la garnison actuelle : les dignes successeurs des Parachutistes de la France Libre.
Le lendemain nous avons été conduits au siège de la Gestapo où on nous sépara. Et ces messieurs m’ont alors appris que leurs livres de suspects pouvaient servir pour tenter de provoquer des confessions. Devant mes dénégations réitérées et malgré les tentatives pour me faire entrer leur gros livre dans la tête et le corps, ajoutés au travail de sape de Maurice dans l’autre pièce, ils me demandèrent les noms et prénoms de mes parents. Quelle chance ! Ils ne correspondaient pas avec ceux du véritable Chauvet.
Relâchés et via Saint Jean Pied de Port et Saint Etienne de Baîgorry, partie à pied, partie en bus, nous avons rejoint BANCA et l’hôtel Arambel. Le père et les deux filles sympathisantes de Gaulle. Et le fils pour l’occupant. Et quelques soldats de la Wehrmacht en qualité de sentinelles de la Centrale électrique. Le séjour s’éternisait, car Maurice attendait de l’argent de Paris. Si bien que le soir du 16 décembre, alors que nous dînions dans une arrière-salle, une des filles est venue nous avertir que la Gestapo était dans la salle principale et nous cherchait en demandant les papiers à tous les clients. Par une porte dérobée nous nous sommes précipités dans notre chambre, située de l’autre côté de la rue, dans l’annexe de l’hôtel et dont la fenêtre, située à plus de deux mètres du sol permettait de sauter, traverser la route et franchir la rivière, mini torrent et s’engager dans la montagne… frontière à environ 800 mètres d’altitude qui devait nous prendre moins d’une heure d’ascension. Mais il y avait des chiens sur le point de nous rejoindre et nous avons marché dans l’eau sur plusieurs centaines de mètres. Nous étions le 16 décembre, j’avais les pieds blessés qui furent opérés à notre arrivée en Grande Bretagne. Et un peu plus tard, les pieds en Espagne et les braguettes au vent nous avons laissé nos traces en France… pour les chiens.
Dans la journée du 17 et malgré nos précautions, la garde civile a mis fin à notre fuite. Interrogés, nous avons déclinés les identités que le Capitaine Petit nous avait fournies. Nous étions français et venions en Espagne afin de nous engager dans la Bandéra. Ces déclarations servirent à nous éviter le camp de Miranda ou autre gâterie. Après environ un mois d’incarcération à la prison de Pampelune, nous avons été logés dans un deux étoiles à LECUMBERRY où nous avons trouvé des français tels que Jacques Mercier, Bonis, ou Michel Coquempot (futurs paras) et des officiers dont nous avons lu les noms dans les descriptions de certaines batailles aériennes, navales ou terrestres. Fin mai 1943, libérés et dirigés sur Setubal (Portugal) où nous avons embarqué à destination de Casablanca. A notre arrivée, nous avons été incorporés au dépôt 209 que nous quittèrent. Grâce à l’aide de la famille Kérouédan, nous parvinrent à rejoindre Alger où Maurice m’offrit de rejoindre avec lui les services spéciaux américains. J’ai refusé et signé un engagement dans les FAFL, auprès du Lieutenant-Colonel de Morlaix le 19 juin 1943 avec effet rétroactif au 17 décembre 1942.
J’ai alors rejoint le 3ème BIA à Rouiba et après un séjour en Lybie, nous sommes revenus à Alger d’où nous sommes partis à destination de Liverpool. Puis Camberley où l’Etat Major du Colonel Durand fut constitué : Capitaine de Mauduit, Lieutenants Deplante et Clévenot, Aspirant Antébi, Sergent Bonis et d’autres dont le nom m’échappe, Créau, chauffeur du colonel et moi.
Pas de détails sur les différents cantonnements en Ecosse… Sauf le passage par Ringway ou j’ai été breveté la veille de Noël 1943, alors que je retrouvais Maurice qui recevait ses ailes américaines.
Marié sans autorisation fin mai, j’écopai de huit jours de tôle et en fus réduit le 5 juin, à regarder, le cœur déchiré, le ciel noir d’avions et de planeurs où mes camarades étaient et allaient être parmi les premiers à reconquérir notre belle France.
5 Juin - 12 août, plus deux mois à faire pétarader une Norton à travers le camp de Fairford. Voir d’autres copains partir aussi bien du 3e que du 4e. C’était très dur.
Le Capitaine Boissonnas a été victime de plusieurs accidents, dont un à l’entrainement commandos et un autre dans le crash d’un avion. Il était handicapé par des fractures multiples. Affecté au 4th SAS il n’a pas obtenu de mission, puisqu’hospitalisé. C’est ainsi qu’il est venu à Fairford en demander une au 3e et qu’il m’a vu sur cette moto. Il avait obtenu sa mission et avait besoin de quelqu’un pour le transporter. Il m’a stoppé et ordonné d’aller m’habiller. « Nous partons ce soir » a-t-il ajouté sommairement. Les britanniques l’ont doté d’un parachute semblable à celui du Commandant Bourgoin. Je ne l’ai pas vu à l’atterrissage, car j’étais tombé dans un arbre et je me démenais pour en descendre, mais les résistants m’ont dit qu’il avait embrassé notre terre.
Le lendemain, je suis retourné sur la DZ où nous étions arrivés, accompagné de la famille Giraud, résistants où j’étais logé, afin de récupérer mon parachute resté dans l’arbre. Il a servi à confectionner une chemise que je mettais sans ma blouse camouflée. Ce qui m’a valu les reproches cinglants du lieutenant Zermati qui m’a demandé si je voulais une cible dessinée dessus.
Le 15 août, j’ai participé à la tentative de destruction du pont de chemin de fer de Galuzot au sud de Montceau les Mines. Cette opération était dirigée par le capitaine Boissonnas, le lieutenant Porot et l’aspirant Akar et composée entre autres des SAS : Sgt Moreau, Boerio, Petit, Cimer, Castiglione et le caporal-chef Panloup qui a été tué à côté de Castiglione. J’ai toujours cru que nous attaquions le train blindé. Il est vrai que je n’ai pas pris de notes et que je fais appel à mes souvenirs. Mais il est vrai aussi que j’ai participé à des opérations avec d’autres officiers que mon Capitaine, Aussi bien, avec les lieutenants Porot (attaque du train blindé à Montceau, où l’officier me demanda de protéger le décrochage du groupe avec ma…. carabine américaine et qui sembla étonné de me revoir vivant lorsque je revins) Zermati, Rouan (qui m’a intégré le 5 et j’étais avec son groupe à Chalon) l’aspirant Lyon-Caen, à plusieurs attaques de convois sur la nationale 6. Puis, chargé par mon capitaine de remettre un message au commandant Goujon (André Jarrot) je suis parti en civil sur un vélo. Interpelé par un motard allemand, j’ai posé le vélo contre le mur et me retournant, après avoir saisi mon colt, j’ai tiré à plusieurs reprises et le curieux s’est écroulé.
Le 4 septembre, le Capitaine m’a envoyé avertir le lieutenant Zermati, qui était avec son groupe de SAS et maquisards en embuscade de l’autre côté de Laives, de l’éminence d’une rencontre avec des allemands venant du midi poussé par la 1re armée du Général de Lattre de Tassigny. Une femme m’a hélé deux ou trois cents mètres avant le contact avec le groupe Zermati et m’a montré un mur en m’indiquant que des allemands étaient derrière. J’ai donc escaladé et ai passé ma tête au-dessus du fait. C’était vrai…ils étaient bien une douzaine. Pas de grenades. Je suis redescendu et ai tenté d’alerter gestuellement, mais sans succès le groupe Zermati. Je suis remonté en voltige sur la moto et voici le résultat : les allemands ont entendu la moto et les balles ont sifflé autour de moi : elles étaient autant destinées à moi qui allait d’un bas de côté de la route à l’autre afin de les éviter, qu’au groupe Zermati qui ripostait. Toute cette mitraille autant française qu’allemande est passée au-dessus ou à côté de moi. Mais elle a atteint le sergent Jarridje et c’est moi et personne d’autre qui l’a transporté à l’hôpital de Cluny. Le voyage AR a été rapide, mais à mon retour sur les lieux le groupe était parti et en passant par Laives endeuillé je l’ai rejoint et appris que mon Capitaine avait été tué.
Ces dix lignes précédentes sont simplement notées dans mon esprit et n’ont pas besoin de notes et elles m’ont été rappelées à maintes reprises par le lieutenant Zermati et « Benchemoul » tous deux encore vivants. C’est fini.
Il convient d’ajouter que, soucieux de remettre à sa famille ce qui appartenait au Capitaine Boissonnas, je suis allé dans sa chambre que j’ai trouvée pillée. Il restait un rasoir à main que j’ai pris et que j’ai apporté à sa famille en novembre.

La cérémonie du 4 septembre 2014 m’a comblé de joie et de bonheur.

Lorsque j’ai été nommé Chevalier de la Légion d’Honneur en juillet, j’ai demandé au général Leclère de bien vouloir me décorer le 4 Septembre à Sennecey. Absent, c’est le général Champenois qui m’a accordé cet honneur.
Pourquoi ai-je désiré Bayonne et Sennecey ? J’ai été incarcéré par la Gestapo au Château Vieux en 1942. La garnison des très dignes successeurs des 3e & 4e SAS est Bayonne. Et Sennecey ne pouvait pas être remplacé.

Et après ?
De retour à la vie civile, j’ai été arrêté par la PJ, accusé de désertion. Il m’était reproché d’avoir tenté de rejoindre les anglais en 1940 et j’ai passé la nuit sur les bas flancs des geôles des Invalides. Interrogé sommairement par un capitaine le lendemain matin qui n’a même pas reconnu l’erreur, il m’a relâché sans l’aumône d’une toute petite excuse. C’était la copie conforme que j’ai citée au sujet d’Arles et Tripoli.

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