Août 2019

L' Edito du mois :

 

AAffiche Parisoût, les équipes de l’AFPSAS continuent le travail d’hommage et de célébration du 75e anniversaire des opérations SAS en France. Au travers de diverses conférences, expositions statiques ou vivantes, ainsi que d’hommages militaires, les noms de Plumelec, Saint Marcel, Duault, Séglien et d’autres villes de Bretagne sont venues discrètement se rappeler à notre bon souvenir afin que personne n’oublie qu’il n’y a pas si longtemps que cela, des hommes ont choisi de donner leurs vies pour notre liberté.


Le 1er août 1944, la percée d'Avranches permet le jaillissement des divisions américaines vers la Bretagne ou depuis l’accomplissement des objectifs des Cooney Parties et la dispersion du Maquis de St Marcel, les SAS du 2e RCP continuent le combat montant des maquis, armant et formant les volontaires en vue d’harceler l’ennemi et d’apporter un réel soutien à l’effort allié. Une partie du 3e RCP est aussi au combat sur le sol de France. Ce mois d’aout verra le reste des deux compagnies SAS être engagées, prenant une part décisive à la déstabilisation de l’armée d’occupation.


L’AFPSAS cette année aura l’honneur de déposer une gerbe et de raviver la Flamme sous l’Arc de Triomphe le 24 aout ainsi que de participer au défilé de commémoration du 75ème anniversaire de la Libération de la Ville de Paris le 25 du même mois. Une belle reconnaissance pour notre association et le travail de ses équipes au service de la mémoire des combats de nos parents.

Lionel Lakermance ; Vice-président de l'AFPSAS

 

 

 

Afin de comprendre pourquoi cette présence dans la Capitale, il convient de se référer au récit rédigé par Noël Créau avec l’aide de ses camarades Gaston Antebi, Alexis Betbèze et Louis Brulon.

Le 17 août, Henri de Mauduit et Antonin Betbèze avaient rencontré à Rennes « le colonel de Chevigné, une partie de l’état major du général de Gaulle, des gens du B.C.R.A et le colonel Rémy.»[1]

Il avait été suggéré qu’une équipe de parachutistes SAS accompagne et protège les services secrets alliés vers Paris. Le 19 août, les deux hommes portèrent donc le message du colonel Rémy au colonel Bourgoin, qui donna son accord à cette mission et le 21 août, un premier détachement « à bord de tractions avant noires, frappées de la marque du 2ème régiment des Parachutistes S.A.S [...].» quitte la région de Vannes avec « H[enri] de Mauduit, G[aston] Antébi, L[ouis] Brulon, G[eorges] Cordier, N[oël] Créau, A[rmand] Violland, [André] Santucci, plus un FFI, Gaby Deschamps.»[2]

Ils passent la nuit du 22 au 23 août au château de Pontchartrain (Yvelines) où les rejoint une jeep récupérée aux américains (André Coste, Nathan Kroutchtein (Bernard Dranber), Jean Wachtausen) et arrivent au château de Rambouillet le 23 où ils retrouvent 3 jeeps SAS sous le commandement de Antonin Betbéze, 

Au matin du 24, un rapide briefing précise les objectifs. Une partie de l’équipe doit guider, protéger les hommes du CIC (Counter Intelligence Corps) qui vient de les rejoindre avec un groupe de la Task Force US. Ils doivent retrouver à Paris des criminels de guerre et agents ennemis connus d’eux et qui peuvent tenter de rester cachés dans la capitale.

L’autre partie doit faire rentrer au plus vite à Paris les agents de renseignement français et investir sans tarder les P.C. et siège de la Gestapo en commençant par les hôtels Lapérouse et Majestic.

Au matin du 25 août, deux jeeps parties en éclaireurs, se faufilent à travers les colonnes blindées de Leclerc sur la R.N. 20 vers Paris. 

(Noël Créau, “Des SAS à la libération de Paris”, in Henri Corta, Qui Ose Gagne […], Paris, SHD, 1997)

Elles reviennent sans encombre.

Vers 16h les SAS avec les tractions avant, et  les jeeps prennent la route de Paris. Ils arrivent Porte d’Orléans, aux environs de 18 heures :

En traversant Paris en liesse, nous arrivons au Petit Palais, rendez-vous fixé par les Américains, non sans avoir échangé au niveau des Tuileries, des coups de feu avec quelques Allemands isolés qui cherchent à se dégager d’une action de la résistance.

Le soir-même, ils commencent à rejoindre les différents secteurs de leurs missions notamment dans les 2°, 8° et 9° arrondissements.

Samedi 26 août au matin : H[enri] de M[auduit] et G[aston] À[ntébi] qui ont, avec le reste du groupe fait le coup de feu contre les ’snipers”, vont chercher Rémy. G. A[ntébi] réussit à trouver un fleuriste et achète des fleurs que Rémy, de Mauduit, Antébi, Dranber, St Arnaud déposent en gerbe sur la tombe du soldat inconnu. Ce sont les premiers.

Dans l’après-midi, vers 16 heures, le Général Gaulle et Bidault descendent, en tête d’un long cortège, les Champs-Élysées. Les 3 jeeps de Betbeze flanquent le cortège sur le côté gauche et sont contraints de faire feu de leurs mitrailleuses sur des tireurs embusqués sur les toits. Les jeeps accompagnent de Gaulle jusqu’à Notre Dame où là encore ils doivent faire usage de leurs armes. 

(Noël Créau, “Libération de Paris : les SAS étaient présents”, Bulletin de l’Amicale des anciens parachutistes SAS et des anciens commandos de la France Libre, n° 202, mars 1984)

Dans les jours qui suivirent, les jeeps SAS sillonneront la région parisienne avec le colonel Rémy et le CIC pour débusquer les agents de la Gestapo et récupérer leurs archives. C’est au retour d’une de ces missions, que Jacques Leroy trouvera la mort et Jean Bothorel sera grièvement blessé. Tous deux étaient des vétérans de Libye.

A la fin de cette mission, les SAS seront rapidement rappelés par le colonel Bourgoin afin de rejoindre le reste du Bataillon sur les bords de la Loire pour l’opération Spencer.

[1]Noël Créau, “Des SAS à la libération de Paris”, in Henri Corta, Qui Ose Gagne […], Paris, SHD, 1997

[2]Noël Créau, “Libération de Paris : les SAS étaient présents”, Bulletin de l’Amicale des anciens parachutistes SAS et des anciens commandos de la France Libre, n° 202, mars 1984

Évènements à venir:

 

Août


o 4 août 2019 : Merdrignac (22)
10h30 : Dépôt de gerbe à la stèle du capitaine Legrand et au monument aux Morts.
11 h : messe en mémoire des victimes du 3 août 1944, suivi d’un dépôt de gerbe place du 3 août et au mur du Souvenir.

o 13 août 2019 : Chilleurs-aux-Bois (45)
10h30 : Cérémonial à la stèle érigée sur les lieux des exécutions de deux SAS anglais, au lieu-dit “Les Châtaigniers”

o 24 août 2019 : Paris - Arc de Triomphe
18h00 : Dépôt de gerbe et ravivage de la Flamme sous l’Arc de Triomphe par l’Afpsas.

o 25 août 2019 : Paris
15h00 : Cérémonie Porte d’Orléans.
Défilé véhicules militaires d’époque entre la Porte d’Orléans et la Place Denfert Rochereau.
Le Comité reconstitution avec l’appui du Comité scientifique de l’AFPSAS participera avec deux jeeps équipées en modèle SAS, afin de rappeler pour la première fois depuis 75 ans, la mission remplie par une vingtaine de parachutistes SAS à l’occasion de la libération de Paris.

Inauguration du Musée du Général Leclerc de Hauteclocque et de la Libération de Paris - musée Jean Moulin

o 31 août 2019 : Terneuzen (Pays-Bas)
15h20 : Cérémonie d’ouverture des commémorations pour les 75 ans de la Libération des Pays-Bas.

Septembre


o 4 septembre 2019 : Sennecey-le-Grand (71)
75e anniversaire de la Libération de Sennecey-le-Grand

  • 8h30 Service religieux célébré en l’Eglise de Sennecey-le-Grand
  • 9h00 Monument aux Morts, Place des Tilleuls
  • 9h15 Monument des Fusillés, Route de Laives
  • 9h45 Monument de la Résistance, Route de Chalon
  • 10h00 Stèle Guy de Combaud à Viel Moulin
  • 10h15 Cimetière de Sennecey
  • 10h45 Mise en place au Mémorial S.A.S., Route de Ruffey
  • 11h00 Cérémonie au Mémorial SAS
  • 11h45 Parachutages (rue de la République)

o 6 septembre 2019 : Moussey (88)
Commémoration de l’Opération Loyton (13 août-mi octobre 1944), hommage aux parachutistes du 2nd SAS britanniques et à la Résistance.

o 7 septembre 2019 : Peer-Meeuwen, province de Limbourg (Belgique)
ABSASV (Amicale Belgian SAS Vriendenkring)
Commémoration de deux SAS Belges tombés lors des combats dans le Limbourg.

o 8 septembre 2019 : Somloire (49)
Cérémonies en souvenir des parachutages et des combats du Bois-d’Anjou.

o 8 septembre 2019 : la « Plaine Sapin » près de Somme-Leuze (Belgique)
ABSASV (Amicale Belgian SAS Vriendenkring)
Commémoration des liens entre les SAS et le maquis.

Le SAS du mois :  Marcel Friedmann

 

Marcel Friedmann est né à Paris le 13 août 1923.
Le 8 octobre 1942, il s'enfuit en Espagne dans l'intention de rejoindre le Royaume-Uni. Il est interné au tristement célèbre camp de Miranda d’où il est libéré le 24 mai suivant. Arrivant finalement en Angleterre, il rallie les Forces Françaises libres (FAFL) le 19 juillet 1943 et signe son engagement sous le numéro 35982 le 29 juillet 1943. Il est breveté à Ringway le 10 janvier 1944. Affecté au 3e squadron du 4e SAS, il est transféré au 1st SAS Britannique le samedi 15 avril 1944.

Médaille Militaire par décret du 16 janvier 1945 :
"Détaché dans un régiment de parachutistes britanniques, a pris part à de nombreuses patrouilles en jeep à l’intérieur des lignes ennemies. La patrouille étant tombé dans une embuscade tendue par une compagnie de SS Allemands, le véhicule de tête fut détruit et le conducteur tué. Au mépris le plus complet du danger, Friedmann se précipita en terrain découvert vers son camarade sous une violente fusillade de l'ennemi terré à 30 mètres de là, tira le corps hors de la jeep et le porta hors de la zone battue. Il ne consenti à l’abandonner que sur l'ordre formel du chef de patrouille. Sa bravoure, la détermination et la force de caractère dont il fit preuve, exaltèrent ses camarades et leur furent un vivant exemple de l'esprit de sacrifice et de dévouement au devoir dignes des plus nobles traditions de l'armée française à laquelle il appartient et de l'armée britannique avec laquelle il servait."
Marcel Friedmann trouve la mort le mercredi 6 décembre 1944, dans un accident de jeep lors d’une mission aux Pays-Bas.
Nous avons récemment retrouvé la tombe de Marcel Friedmann grâce au concours notamment de Henk Brink, Pierre Chabot et Ton Boots. Il repose dans le cimetière Anglais de Venray aux Pays-Bas. Un grand merci à tous ceux qui se sont mobilisés pour cela.

Lien vers le site FFLSAS 

 

Suggestion de lecture:  Victor Iturria Un héros Basque

IturiaVictor Iturria, enfant "terrible" de son village Sare. Contrebandier très recherché par les gendarmes et les douaniers, tailleur de pierre et joueur de pelote au lancer exceptionnel, son destin va le conduire vers d'autres chemins. Son chemin est aussi celui de la seconde Guerre mondiale. En 1939, il est mobilisé lors de la déclaration de guerre de la France et de l'Angleterre contre l'Allemagne nazie.

Dès la campagne de France, Victor Iturria devient une légende. Evacué en Angleterre, sa route croise celle du capitaine Bergé, du général de Gaulle à Londres en 1940 et des Français libres...

Un livre écrit par Catherine Marchand, correspondante pour le journal "La Semaine du Pays Basque" sur le sud-Labourd.

Aux éditions Kilika

87 pages format : 245 x 225 mm

Disponible dans notre boutique

Tribune Libre :

 

MERDRIGNAC, 3 août 1944
Une dure journée de combats peu connue

Dans la nuit du 7 au 8 juin 1944, plusieurs Cooney Parties sont larguées dans la région de Merdrignac. Ainsi la 416, composée du sous-lieutenant Michel Legrand, de Roger Boutinot, tous les deux vétérans de Lybie et d’Albert Deborre, a reçu mission de détruire la voie ferrée entre Loudéac et Saint Méen (Côte du Nord). L’objectif est atteint mais l’équipe perd Roger Boutinot. Elle doit se disperser et se retrouve dans le secteur de Merdrignac. Michel Legrand sera caché chez Eugène Berthelot, grand mutilé de 14/18 et Albert Deborre dans une ferme. Peu de temps après, ils vont retrouver Roger Boutinot qui est lui aussi arrivé à Merdrignac. Il est employé dans une boucherie.
Les trois paras ainsi regroupés, s’attachent à instruire la Résistance, en civil le jour et en effectuant des sorties la nuit. Les Allemands se faisant menaçants, les paras, avec l’aide du groupe de résistants commandés par Georges Desbois, rejoignent alors le petit hameau de la Chevalerie, sur la commune de Trémorel. Là, le famille Hamon va les cacher et les aider jusqu’au 3 août. Pour ces faits, la famille Hamon recevra les remerciements officiels du Brigadier Général Calvert, commandant la Brigade SAS. De plus, une magnifique stèle est aujourd’hui érigée à la Chevalerie. La Cooney Parties de Jean Appriou les rejoindra, ainsi qu’un SAS isolé du nom de Lucien Labrousse.
Début août, au signal de l’insurrection, les paras reçoivent l’ordre de tenir l’important carrefour de Merdrignac car l’armée Patton vient de percer à Avranches et fonce sur Brest.
Ses éléments de tête traversent d’ailleurs rapidement le village au 3 août matin. Ils donnent à la population une impression de Libération. Hélas, par deux fois au cours de cette triste journée, les Allemands attaqueront le village, dans le but de réoccuper le carrefour.

Lors de la progression au centre du village, le groupe de Michel Legrand est pris sous le feu d’une mitrailleuse. Michel est grièvement blessé et c’est Albert Deborre qui le ramènera à l’abri sur un banc (témoignage Louis Le Goff : « Michel Legrand doit beaucoup à Bébert car il lui a sauvé la vie »).
Les allemands vont revenir en force au début de l’après-midi mais Roger et Albert avec son fusil-mitrailleur font feu de toutes leurs armes et causent d’énormes pertes à l’ennemi. Il n’y aura aucun prisonnier. Témoignage de Roger :(« A mon avis, ils sont tous morts »).
Les pertes civiles et parmi les résistants sont importantes et Merdrignac sera meurtri à jamais .
Pour leur conduite lors des évènements de cette journée, Roger Boutinot, ancien de Lybie, et Albert Deborre, recevront la médaille militaire, ce qui est exceptionnel.
Dès le lendemain, Roger et Albert vont rendre visite à leur chef, à l’hôpital de Loudéac.

Jean-Claude Deborre

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